Nos productions > Les semis
Etre indépendant des producteurs de plants
A ses débuts, la ferme produisait quelques cultures de base comme les salades, courgettes, tomates, carottes, choux, poireaux, pomme de terre et fraises. Très vite, la nécessité de s’adapter à l’environnement de montagne et choisir ses propres cultures s’est imposée. La faible variété des plants proposée par les producteurs de la plaine et les contraintes nées de la situation géographique de la ferme ont naturellement conduit à gérer les semences sur place. Plusieurs avantages à cela : D'abord le choix des variétés de semences est bien plus étendu que celui des fournisseurs de plants, et permet de tester sur de petites surfaces les cultures qui s’adapteront le mieux au territoire. Ensuite, la gestion des semences permet de limiter les maladies qui peuvent apparaître dans les plants des fournisseurs. Enfin, l'action de semer renvoie aux principes mêmes de l'agriculture dans le maintien de la fertilité des sols.
Un espace a donc été spécialement aménagé à l’intérieur d’une des deux serres d’hiver, équipé de plusieurs sources de chaleur (dont un chat roux). Cet espace baptisé « serre à plants » permet la constitution d’une large gamme de cultures, et de démarrer les travaux dès le mois de février. Les premiers semis sont ainsi lancés à la fin de l’hiver. Pour les variétés nouvelles, des tests seront réalisés sur de petites surfaces sous serres, concrétisés par la constitution des itinéraires techniques par plants.
Diversifier la gamme de produits
Tous les ans, de nouvelles variétés sont testées et proposés avec plus ou moins de succès, en culture comme à la vente. Ce terrain d'expérimentation, s'il possède ses contraintes de production, constitue une des spécificités de la ferme avec une gamme de cultures originale et variée.
Au fil des années les variétés produites à la ferme ont fortement évolué. Certaines ont disparu, d'autres se sont bien adaptées à l'environnement. Il aura fallu 3 essais pour obtenir un beau céleri branche, et autant pour les choux-fleurs. Peu satisfaisants, les choux-fleurs d’été ont été très vite abandonnés, tandis que les panais et les choux raves ont trouvé leur place. Certaines courges se plaisent en montagne, d'autres non, tout comme le fenouil, l’une des belles fiertés de la ferme. La courgette de Nice dite “Trompette”, fragile, a trouvé un successeur avec le Tromboccino d’Albenga, variété plus robuste et tout autant savoureuse. Pour les tomates, le choix fut plus difficile compte tenu de leurs besoins en chaleur. Plusieurs tentatives ont permis d’identifier 7 variétés, dont 3 sont encore en expérimentation. D’autres légumes sont apparus récemment : les blettes à couper, les radis blancs, les betteraves roses à consommer cru, de l’ail.
Semer, un acte riche de symbolisme
Semer, c'est d'abord un acte en soi. Le métier d'agriculteur maraîcher passe par cet acte premier. L'acte de semer participe à la renaissance du cycle des cultures, c'est une approche quasi philosophique qui voit dans ce geste une contribution active à la vie des végétaux. Semer est aussi très étroitement lié aux récoltes, toute semence est génératrice de production et de vitalité de la terre. Dans l’imagerie populaire, c’est le peintre Jean-François Millet immortalisa l’acte de semer au travers de deux tableaux célèbres que l’on peut voir au Musée d’Orsay, Les Glaneuses et 1857 et l’Angélus en 1859.