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La Ferme > Motivations

Passion des légumes

Traditionnellement, les fleurs ont plus de succès que les légumes. Combien de milliers de passionnés de fleur pour quelques amoureux de potager ? Pourtant, c’est bien vers les légumes que s’exprime ma passion. L’enfance joue un rôle capital. A cette époque, prend forme l’envie de posséder un jardin potager, envie qui ne cessera jamais jusqu’à posséder ma propre exploitation.

La fonction alimentaire est une autre source d’intérêt pour les végétaux légumineux. Par leur qualité gustative, nutritionnelle et esthétique, ils remplissent plusieurs fonctions qui vont au-delà du besoin alimentaire. D’abord ils rassemblent les individus autour d’une table et possèdent cette fonction sociale du partage. Ensuite ils développent la finesse du palais, provoquent des émotions subtiles et délicates, enchantent nos regards par les couleurs et les formes parfois surprenantes. Enfin et surtout, ils assurent santé et vitalité au corps grâce aux multiples vitamines qu’ils contiennent, lorsqu’ils sont cultivés sans pesticide.

Dans une fonction indirecte mais interactive, ils sont vecteurs d’une très grande biodversité quand l’agriculteur qui s’en occupe les associe aux fleurs, et insectes en tout genre. A ce propos, il n’est pas rare de découvrir à la ferme des coléoptères très recherchés, et même des orchidées apparues naturellement.

Choix du bio

agriculture biologiqueOn ne redonnera pas ici les multiples raisons qui ont vu naître l’agriculture biologique. Chacun peut aisément s’enquérir de l’histoire du bio, de ses fondateurs comme de ses techniques. Rappelons quelques principes clés qui régissent le modèle de production biologique, parmi lesquels le respect des rythmes naturels des saisons, du sol et des composants de sol, l’adaptation au climat, l'interdiction d'usage de pesticides et d'engrais chimiques, ainsi que les organismes génétiquement modifiés.

A ces raisons évidentes qui constituent les fondements de tout projet, s’ajoutent d’autres sources de motivations moins perceptibles. D’abord la recherche d’une agriculture « naturelle » qui constitue un excellent moyen de repenser le rapport technique/nature. L’agriculture biologique est en effet, par sa maîtrise du sol, de la faune et de la flore, une source inépuisable d’évaluation des techniques agricoles qui, au-delà de la recherche des rendements, assure une protection active de l’environnement. Dans cet esprit, et en opposition aux cultures dites « hors sol », l’agriculture biologique défend le lien au sol, et par ce processus d’attachement, rejette toute forme d’artificialisation qui a totalement dévoyé le système agricole en séparant la terre des cultures. En découle l’utilisation de techniques biologiques comme la lutte biologique contre les parasites et les ravageurs, l’utilisation du compost et du purin, les cultures associées, et bien sûr le travail du sol. Outre la sécurité alimentaire que permettent ces méthodes, l’agriculture biologique est enfin un moyen de protection de la biodiversité par le maintien des équilibres faune/flore.

Philosophie de vie

On ne pourrait parler d’agriculture biologique sans évoquer son impact social. Que serait en effet l’activité si elle était déchargée de sa dimension culturelle et philosophique ? L’agriculture biologique serait ainsi un terrain d’investigation pour imaginer de nouvelles formes d’organisations sociales et techniques pour le bien-être des générations futures. A la croisée entre « Nature » et « Culture », l’agriculture biologique, à défaut d’être une solution miracle à tous les maux de la terre, peut s’avérer comme un axe privilégié de réflexion qui tente d’apporter des réponses humaines et concrètes face au développement effréné des industries agroalimentaires. Plus qu’une vision romantique et quelque peu marginale du monde, c’est d’abord le pressentiment de grands dangers et l’envie de s’inscrire dans une philosophie de la nature où l’agriculteur bio s'inscrit dans un courant de pensée qui valorise sa pratique comme sa réflexion du social et de l'économique. Nous verrons dans les articles à venir combien l’agriculture biologique peut contribuer à renouveler l’idéologie naturaliste en développant une juste connaissance de la nature et des rapports qu’entretiennent les hommes avec elle, dont ils semblent avoir perdu le lien. Au moment même où l’économie de marché se saisi du mouvement bio au travers d’une reconnaissance publique, certains tentent de rappeler légitimement les valeurs que portent les agriculteurs bio : dignité paysanne, respect et santé des consommateurs, sensibilité environnementale, mais aussi critique sociale et opposition à l'artificialisation.